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Des lendemains qui mobilisent encore plus fort

Les syndicats et UL de l’Union départementale de la CGT étaient réunis, hier, en assemblée générale. La sauce a pris le 31, l’UD fait monter l’aïoli les 5 et 9 avril.

Jusqu’au retrait du texte, ils ne lâcheront rien, sans répit. Et ce n’est pas négociable car on ne négocie pas les droits des travailleurs, acquis de longues luttes. Ils avaient prévenu. Et si la parole d’un ministre ne vaut plus un clou, les syndicalistes tiennent promesses. Fort du succès du 31 mars, où « avec 1,2 million de personnes dans les rues dont 120.000 à Marseille, on peut légitimement dire que c’est une réussite ». Olivier Mateu, le Secrétaire général de l’UD CGT des Bouches-du-Rhône, annonce de nouvelles mobilisations dont le bruit devrait finir par siffler aux oreilles du gouvernement.

Il y a eu le 9 mars, plutôt très motivé. Il y a eu le 31, carrément surpassé. Une assurance maintenant : il y aura le 5, puis le 9 avril… et au-delà si le projet de loi Travail reste sur la table. Force est de constater que le mécontentement monte en flèche contre le gouvernement qui fait des efforts surhumains pour rabaisser les chiffres et ne pas entendre que 70% des citoyens désapprouvent ce projet. Et pour faire diversion, il envoie ses forces armées tabasser la jeunesse, systématiquement. Signe de défaite diplomatique autant que d’impuissance.

La meilleure des armes, le nombre

Réunis en AG au Centre d’embauche des dockers, les syndicats et Unions locales du département ont débattu des suites du mouvement pour une décision partagée. Sans surprise, les propositions de l’UD de nouvelles mobilisations et grève le 5 avril « en plus d’initiatives par bassin d’emploi, on manifestera en direction de la Préfecture », précise le Secrétaire général, et du 9 avril sur un appel départemental où « il s’agit de créer les conditions pour que l’ensemble des organisations participe », ont été accueillies favorablement. « Nous prendrons toutes les dispositions pour fortifier le mouvement et mener la bataille des idées. Nous avons des propositions à faire vivre pour préparer un combat de classe de haut niveau. »

Le langage est guerrier, à la hauteur de la répression policière qui se joue sur ces mouvements, focalisant sur une jeunesse désordonnée (mais n’est-ce pas l’apanage du jeune âge ?) afin d’en discréditer la force. « Medef et gouvernement tablent sur le pourrissement. » Mais il est déjà trop tard, « c’est un processus qu’on a lancé avec la convergence des luttes et il ne s’arrêtera pas en si bon chemin », estime Cathy Cau de l’USR. Et la meilleure arme des militants est leur nombre, qui grossit à mesure que le gouvernement s’enfonce dans l’autisme.

Les signes sont encourageants : de mémoire de militant, « des chiffres comme ça, on n’en avait pas vu depuis 2010 », considère Olivier Mateu. « Chez Citroën, ils étaient près de 100% en grève hier. Du jamais vu ! », selon Patrice Kantarjian de l’UL quartiers Sud. « Il y avait Free et SFR dans la rue, c’est pas tous les jours », s’étonne Olivier Neri de la CGT Télécoms 13. « 5 bus sont descendus de Fos », comptabilise-t-on également. « L’ensemble des ports de France étaient à l’arrêt », souligne Pascal Galéoté. Sans compter ceux qui ne sont pas descendus : « Chez Monoprix Canebière, trois grévistes ne font pas une fermeture, il y a des contacts à prendre dans beaucoup d’entreprises », indique Charles Hoareau pour l’UL centre.

La loi Travail peut trembler, les militants sont déterminés à aller chercher la marge de progression qui existe. Et ils garderont un œil protecteur sur cette jeunesse qu’aucune organisation ne s’autorise à brider. « Le gouvernement ne recule pas mais nous ne renonçons pas non plus », jauge Jean-Marie Battini, « et nous continuons de travailler à la convergence en allant chercher les secteurs absents. » En avril ne lâche pas le fil, enjoint la CGT, il risque de pleuvoir des tracts, grèves et autres actions dans les boîtes du département.

Myriam Guillaume (La Marseillaise, le 2 avril 2016)

Le 5 avril, les manifestations auront lieu à Marseille à 10h30 place du Général De Gaulle ; Istres à 10h30 à sous-Préfecture ; Aix à 10h30 devant la Mairie.

Tag(s) : #Société