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Climat social : malgré le dégel, ça chauffe.

Le MEDEF en est pour ses frais ; alors qu’il souhaitait vivement que le Parlement vote vite le projet de loi El Khomri, qui consacre l’inversion de la hiérarchie des normes et laisse le salarié désarmé devant le chef d’entreprise, la jeunesse avec l’appui des salariés, s’est fait entendre. Après les importantes manifestations du 9 mars, le 17 a rassemblé moins de salariés en l’absence d’arrêts de travail mais a vu lycéens et étudiants descendre plus nombreux dans la rue. Loin de désarmer devant les aménagements au projet concédés par le Premier ministre, ils entendent bien poursuivre le mouvement et avoir leur mot à dire sur l’avenir qu’on leur prépare. Une véritable dynamique est engagée qui rassemble générations, salariés du public et du privé ; après la nouvelle étape du 24, jour de présentation de la loi Travail au Conseil des ministres, le 31 mars s’annonce comme un très gros temps fort de la mobilisation. Renforçant l’appel interprofessionnel, les fédérations de la Fonction publique, F.S.U Fiers du Service Public, Force Ouvrière, lancent aussi un mot d’ordre de grève, faisant l’analyse que l’inversion de la hiérarchie des normes imposée dans le privé ne tarderait pas à concerner la Fonction publique. De même, l’intersyndicale second degré engagée depuis près d’un an avec la majorité des enseignants dans la lutte contre la réforme ‪#‎Collège2016‬ continue à dénoncer la logique de remise en cause des garanties nationales et d’accroissement du pouvoir des Llzalhiérarchies locales.

Le mécontentement est général face au manque d’écoute de la part du gouvernement, très caractéristique dans l’Éducation nationale, face à des réformes de semblable inspiration, face au renoncement à penser des évolutions positives, face au renvoi au local et à l’accentuation de la pression sur les salariés. À un an des
élections présidentielles, le gouvernement englué dans un débat sur la révision constitutionnelle, critiqué de toutes parts, tente de déminer le terrain. Il a ainsi mis fin, contraint et forcé, aux six ans de gel du point d’indice des fonctionnaires, lâchant une augmentation de 1,2 % en deux temps au lieu des 0,3-0,4 % prévus initialement ; cette mesure n’a fait que renforcer la détermination de la FSU, avec d’autres, à accentuer la pression pour obtenir un plan de rattrapage des pertes cumulées depuis 2010 qui s’élèvent à près de 8 %. La convergence des mobilisations est de nature à obliger le gouvernement à bouger, prendre enfin en compte ce que disent les personnels.

C’est pourquoi le SNES-FSU appelle à se réunir en assemblées générales dans les établissements pour préparer le 31, poursuivre les actions afin d’obtenir l’abrogation de la réforme du collège qui ne doit pas se mettre en place à la rentrée. Les remontées des académies font d’ailleurs état d’aménagements de la réforme portés par l’institution elle-même, comme l’obligation d’un EPI sur un seul niveau. La ministre a beau mobiliser tout son service de communication pour essayer de démentir : le bateau prend l’eau et le MEN serait bien inspiré d’ouvrir des discussions pour regarder sérieusement quelles mesures efficaces prendre pour le collège. Le congrès qui se tient prochainement [du 28 mars au 1er avril] actera de nouvelles propositions d’initiatives nationales, en tenant compte de la situation générale, et débattra d’une consultation des syndiqué-e-s.

Frédérique Rolet - Secrétaire générale SNES FSU
Extrait du numéro 761 de l'US. Disponible en téléchargement ici : http://www.snes.edu/IMG/pdf/us_761_pdf_bd.pdf

Le SNES-FSU appelle à se réunir en assemblées générales le 31 mars pour faire grève et manifester !
Tag(s) : #Société