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Nouvelle formule de « La Marseillaise ». « Notre force ce sont nos lecteurs »

Pierre Dharréville. Le Président des éditions des Fédérés détaille l’enjeu et les objectifs de la nouvelle formule de « La Marseillaise ». Entretien.

La Marseillaise. Moins d’un an après la reprise du journal par les Éditions des Fédérés, vous lancez demain une « nouvelle formule ». Quel est son objectif ?

Pierre Dharréville. Nous avions annoncé cette rénovation comme un élément de notre nouvel élan. Après les épreuves, il fallait rendre visible notre nouveau départ. Nous y avons travaillé avec les équipes du journal, avec la rédaction, et avec des professionnels de la presse, Jean Bayle et Anne Brézès, dont je veux saluer l’engagement. Nous avons tenu à associer les lecteurs et les amis de « La Marseillaise » pour que cette formule réponde à leurs attentes. Ainsi, c’est comme une nouvelle naissance, comme une mue. Cela fait partie de la vie d’un journal de se renouveler, c’est dans sa nature de chercher toujours mieux à être dans le mouvement de son époque. Nous ne changeons pas de parti pris éditorial, mais nous faisons peau neuve.

La Marseillaise. Quels sont les changements apportés qui offrent un « plus » aux lecteurs ?

Pierre Dharréville. Nous voulons plus de proximité, plus d’interactivité, plus de vivacité, plus de singularité. Le mouvement qui se développe dans le monde de l’information est double. Il y a d’un côté de grands médias dominants qui débitent un discours formaté de plus en plus pressant voire oppressant. Mais de l’autre se développe aussi une fabrique citoyenne de l’information, notamment sur internet, en tout cas, une résistance à ce flux continu. Nous sommes un quotidien d’information local donc, nous voulons travailler à mieux enraciner l’information dans le réel, au plus près de chez vous. Nous voulons pour cela favoriser l’émergence de correspondants citoyens avec lesquels nous allons relever ce défi. Nous allons également donner une plus large place à des interventions d’actrices et d’acteurs de l’actualité, à des lecteurs, en fait. Il y aura de nombreuses chroniques portant des regards singuliers sur le monde vu d’ici. Sur la forme, nous allons exploiter au mieux les potentialités de la technique et notamment de la couleur, travailler à proposer une meilleure hiérarchisation de l’information pour mieux se repérer dans le flot quotidien. Nous voulons être un espace de rendez-vous.

La Marseillaise. Vous insistez sur le rôle de La Marseillaise de créer du lien, de « réveiller la France et de réveiller le monde ». Cela semble très ambitieux pour un quotidien régional ?

Pierre Dharréville. Nous sommes « La Marseillaise », c’est quand même tout un programme ! Et nous sommes situés à un carrefour de l’Europe et du monde, à un confluent. Nous ne sommes pas voués à n’être qu’une autoroute de passage. Ce midi, de Provence et de Languedoc a toujours été une terre incandescente pour la République. Une part décisive de l’avenir se joue peut-être ici. Sûrement ici. Après, ne soyons pas ridiculement nombrilistes : l’avenir se joue ici comme il se joue ailleurs, dans la vie concrète des gens. De plus en plus, malgré le développement des nouveaux moyens de communications, la société se fragmente et fonctionne en zones étanches. Nous voulons être utiles à créer du lien, à élever le niveau du débat politique. Nous voulons être un espace où s’invente du commun.

La Marseillaise. La campagne de communication qui accompagne le lancement de cette formule met en scène « les héros du quotidien ». Pourquoi ce choix et ce concept de héros ?

Pierre Dharréville. Nous avons voulu poser un acte fort, faire dans cette campagne ce que nous faisons au quotidien : mettre en valeur des hommes et des femmes qui font avancer l’humanité là où ils sont. Nous sommes ce journal, qui met en avant la parole populaire, la geste citoyenne, qui cherche dans le quotidien des raisons de vibrer. La grande fabrique de l’information leur laisse une portion congrue. Ce journal est essentiel à nombre d’hommes et de femmes, ils sont notre raison d’être, nous les mettons à l’honneur parce que nous ne vivons pas pour nous-mêmes. Beaucoup nous ont chanté « Je ne suis pas un héros ». Ils sont nos héros. A chacun les siens. cette campagne est participative, elle va se poursuivre et rebondir dans nos colonnes, nous appelons tous nos amis à y contribuer à leur façon pour amplifier encore le mouvement autour du journal. Ensemble, faisons de cette nouvelle formule un événement. Face aux groupes de presse adossés à des financiers ou à des industriels, notre force, ce sont nos lecteurs. Ce sont eux qui feront la réussite de notre campagne. J’en profite pour leur lancer un appel…

La Marseillaise. Les habitudes de lecture ont changé : on lit le journal sur le papier mais aussi sur les supports numériques. Ce qui signifie que l’on peut être lu partout et par un très grand nombre de personnes. Comment « La Marseillaise » s’empare-t-elle de cette évolution, une vraie révolution en fait ?

Pierre Dharréville. La Révolution numérique est en train de bousculer tous les champs de l’activité humaine. Le deuxième étage de la fusée, c’est le développement d’une nouvelle formule web porteuse de ce même état d’esprit. Nous avons déjà un site et une activité numérique reconnus. Tout cela évolue à grande vitesse. C’est formidable de pouvoir rendre compte de ce qui se passe ici bien au-delà de notre territoire. Nous sommes pour beaucoup une référence lorsqu’ils veulent en savoir plus sur tel ou tel sujet de notre actualité. Nous nous sentons pleinement en phase avec les nouvelles potentialités qui se font jour en termes de participation citoyenne et de partage dans la révolution numérique. Une bataille est à l’œuvre face à ceux qui veulent exploiter ces nouveaux champs pour accroître leur moisson de profits et mettre la société sous contrôle. Nous nous assumons comme un réseau social, ce n’est pas d’aujourd’hui, et nous allons travailler à cette dimension de notre présence.

La Marseillaise. Que diriez vous, en quelques mots, à une personne pour lui donner envie de découvrir et de lire « La Marseillaise », de devenir un lecteur fidèle ?

Pierre Dharréville. Que le jour de lire est arrivé ! Le jour de lire « La Marseillaise », évidemment… Voilà un titre indépendant des puissances d’argent, qui chaque jour veut donner la parole aux héros du quotidien, lui-même et les siens, un journal utile à vivre et à rêver. Je pourrais lui dire qu’il se sentira mieux après avoir lu le journal, ça n’apaisera pas toutes ses angoisses télévisées, mais ça lui donnera la force de les combattre. Je pourrais lui dire que c’est le journal le plus chanté de France ! Mais la meilleure chose à faire pour convaincre, c’est de mettre le journal entre les mains du plus grand nombre…

La Marseillaise. « La Marseillaise » a résisté grâce à ses lecteurs. Aujourd’hui, le journal a-t-il trouvé son modèle économique ?

Pierre Dharréville. Toute la presse affronte de graves difficultés. Nous ne sommes pas épargnés, même si nous gagnons des abonnements. Nous prenons de nombreuses initiatives pour vivre, nous ne sommes pas sur la défensive. Cette nouvelle formule en fait partie. Nous avons choisi de publier les livres d’auteurs de notre région pour renforcer notre rôle d’acteur social et culturel, mais aussi consolider notre modèle économique. Nous cherchons à rendre nos services plus utiles aux lectrices et lecteurs comme aux acteurs publics. Nous avons besoin de ressources nouvelles pour relever les défis que nous nous sommes fixés. Sans la force citoyenne, ce serait impossible. Je dis à tous nos amis : vous avez besoin de « La Marseillaise » et « La Marseillaise » a plus que jamais besoin de vous.

Entretien réalisé par Françoise Verna (La Marseillaise, le 15 mars 2016)

La Marseillaise : « Notre force ce sont nos lecteurs »
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