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Ensemble le 13 juin à Guéret pour les services publics

Posté le 11 juin 2015

Par Patrick Le Hyaric

Remparts contre la loi de la jungle capitaliste. Facteurs d’égalité entre les êtres humains et les territoires, du plus petit village aux quartiers de la grande ville. Telle est la vocation des services publics, attaqués de toutes parts depuis de trop nombreuses années. Ils ont à voir avec notre bien être, notre santé, notre éducation, la possibilité de nous déplacer ou de bénéficier de l’énergie. Communiquer, se loger ou encore accéder à l’information et à la culture, que deviendraient ces droits sans eux ? Biens communs humains, ils pourraient constituer un efficace atout pour que recule la crise et s’améliore le sort de chacune et de chacun si des dogmes imbéciles ne conduisaient à les réduire, les dégrader, les anéantir, pour que les sociétés privées les accaparent afin de grossir toujours plus leurs profits. De « la concurrence libre et non faussée » à « la règle d’or » et aux « services d’intérêt généraux », la langue bruxelloise ne manque pas d’imagination pour convaincre les populations qu’un service rendu au public, peut l’être par des entreprises privées. Mais si des services publics ont été créés, et singulièrement en France où ils constituent encore une originalité forte (…), c’est précisément parce que le privé, ses actionnaires et ses dividendes priment toujours sur l’intérêt général, l’être humain et l’environnement. Au nom des crédos de la « compétitivité », de la « rentabilité » et de « la réduction des déficits publics », on privatise sans pour autant empêcher ces derniers de progresser. La raison en est simple : c’est le capital qui aspire la valeur privatisée des richesses produites. Une autre logique s’impose qui consiste à promouvoir des biens communs humains, portés par des services publics de nouvelle génération, démocratiquement gérés, tenant compte des progrès technologiques et de la véritable révolution numérique à l’œuvre. Cet investissement doit s’orienter vers l’éducation et la formation tout au long de la vie, les transports et les communications, la santé, l’énergie de demain, l’eau, le logement, le service à la personne, et de nouveaux services au quatrième âge, la recherche et l’innovation. Mais rien ne sera possible sans l’indispensable mutation de nos systèmes productifs, dans le cadre d’une transition écologique. La révolution environnementale appelle une maitrise publique des secteurs stratégiques. Elle ne peut s’accommoder de la marchandisation à outrance à l’œuvre. Elle commande de rejeter le traité transatlantique et le projet de traité international toujours secret sur la privatisation des services publics (dit traité TISA). Elle implique aussi une maitrise publique de l’essentiel du secteur bancaire et de la création monétaire. L’enjeu est immense, notamment en matière de création d’emplois. Immense pour les peuples et l’avenir de la planète. Immense pour les puissances d’argent qui ont fait le choix d’une stratégie mondiale visant à ce qu’aucune activité humaine n’échappe à leur voracité. Notre travail, notre santé, notre formation, notre environnement, notre alimentation, notre accès à la culture mais aussi notre souveraineté, la possibilité à décider nous-mêmes, voilà ce qui est en cause. C’est dire l’importance du rassemblement de Guéret, ce samedi 13 juin. Il sera le lieu de convergence de multiples mouvements engagés pour la défense des services publics. S’y retrouveront des personnels des hôpitaux de Paris, des enseignants et parents d’élèves engagés dans la défense et la promotion de l’Ecole publique, des élus et citoyens en lutte contre les réductions autoritaires de crédits publics aux collectivités locales et contre les contre-réformes territoriales, des usagers et cheminots contre les suppressions de gares et lignes de trains régionaux, des assurés sociaux de Seine-Saint-Denis opposés à la suppression de la moitié des permanences de la sécurité sociale…

Le gouvernement a choisi de permettre au capital de franchir une nouvelle étape dans des domaines qui, jusqu’ici lui échappaient. C’est le cas de la SNCF qu’un rapport parlementaire déposé ces derniers jours prévoit de démanteler en organisant l’ouverture à la concurrence des lignes inter-citées. L’affaire est rondement menée avec un rapport de la Cour des comptes, toujours en avance d’une guerre contre les services publics, qui enjoint à la SNCF de tout miser sur les Trains à Grande Vitesse, suivi de la libéralisation des autocars avec la loi Macron, et enfin un rapport parlementaire prévoyant d’expérimenter l’ouverture à la concurrence des dessertes. Le tour est joué !

Il y a quelque chose de grotesque à voir le pouvoir se réclamant encore de la gauche, s’acharner sur l’extraordinaire maillage ferroviaire du territoire national au profit des autocars alors qu’il proclame vouloir faire de la lutte pour la sécurité routière, contre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effets de serres, une de ses priorités !

Au-delà du cas très préoccupant de la SNCF, nous constatons, jour après jour l’inanité du « tout concurrence ». Il a fallu une loi adoptée à l’unanimité, à l’initiative d’André Chassaigne, pour contraindre l’entreprise Orange à assurer l’entretien du réseau câblé dont elle se délaisse pour investir dans les champs concurrentiels. Cela prouve que le dogme de la concurrence ne crée pas les conditions de l’égalité territoriale et encore moins celle des citoyens devant l’accès à un besoin fondamental.

Disposer de services publics de type nouveau et surtout démocratisés, ce n’est pas seulement les concevoir comme des boucliers contre la pauvreté et la précarité, mais bien comme des issues à la crise capitaliste, le moyen d’inscrire l’égalité dans l’ensemble du territoire et de bâtir un nouveau projet de développement humain efficace économiquement et écologiquement et juste socialement.

Les formidables avancées technologiques, la socialisation des hommes et des femmes dans des proportions jamais atteintes, appellent à un nouvel âge d’or des services publics. Nul doute que la question sera placée au cœur des futures élections régionales pour ne pas entériner une réforme territoriale peu soucieuse du présent et de l’avenir de celles et ceux qui y vivent. Réussir un grand rassemblement à Guéret contribuera à remettre cet enjeu fondamental au cœur des débats pour de nouveaux services publics nationaux et européens.

http://patrick-le-hyaric.fr/ensemble-le-13-juin-a-gueret-pour-les-services-publics/

Ensemble le 13 juin à Guéret pour les services publics !
Tag(s) : #Services publics