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Kenya : L'obscurantisme s'attaque au symbole d'émancipation que représentent l'université et l'éducation

La violence et le fanatisme ont une nouvelle fois frappé le Kenya. 147 personnes ont été tuées, selon un bilan provisoire, lors de l'attaque de l'Université de Garissa par des intégristes religieux somaliens « shebab ». Ces entrepreneurs de l'obscurantisme, proches d’Al-Qaïda dans la péninsule islamique (Aqpa), exportent leur violence en réaction à la présence de l'armée kenyane en Somalie depuis 2011.

Ces événements dramatiques sont une des multiples conséquences du chaos que subit la Somalie, depuis la dictature de Siyaad Barre soutenue par l'URSS puis par les États-Unis, en passant par l'opération militaire Restore Hope, menée en 1992, au nom du prétendu « droit d'ingérence ».

Des décennies de guerre ont plongé les populations dans une pauvreté extrême, déstructuré l'État et les institutions, laissant place aux violences, aux trafics en tous genres. Le pays a été le théâtre de l'expérimentation de la logique du chaos, celle qui a prévalue ensuite sous d'autres formes, en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Syrie, et qui fait basculer aujourd'hui le Yémen dans une guerre civile avec le soutien de l'Arabie saoudite, tête de pont des intérêts occidentaux.

Pour sortir de ce chaos, il faut convenir d'urgence de changements profonds et d'orientations nouvelles en termes de paix, de désarmement et de coopérations. Ce n'est pas en dressant un mur coûteux entre le Kenya et la Somalie, comme l'envisage le président kenyan, que la violence pourra être endiguée. Dans leur objectif de déstabilisation, les « shebab » tentent dorénavant de recruter des Kenyans. Empêcher cela nécessite d'apporter des réponses au sous-développement, aux inégalités et à la corruption grandissantes.

L'action contre le terrorisme, au-delà des réponses sur le plan de la sécurité, des renseignements et de la justice, impose des changements profonds au cœur des échanges internationaux, basés sur une politique de développement humain. La France, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, devrait plaider et agir en ce sens. C'est par des réponses politiques aux besoins sociaux et humains que l'on pourra s'attaquer au terreau sur lequel prolifèrent la violence et le fanatisme.

http://www.pcf.fr/

Tag(s) : #Société