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Les faux amis de Syriza


Gérald Rossi
Jeudi, 29 Janvier, 2015
L'Humanité

Le PS tente de s’approprier le programme d’Alexis Tsipras pour mieux conforter François Hollande.

Depuis dimanche, les retournements de veste ne se comptent plus, particulièrement au PS. Une partition bricolée à la hâte pour affirmer partager « beaucoup de choses en commun », déclarait, lundi, Bruno Le Roux, le chef de file des députés socialistes, allant même jusqu’à ajouter que « les propositions de M. Tsipras ont déjà été réalisées par la gauche depuis bien longtemps ». C’est à se demander alors, dans une telle communion de pensée, pourquoi, lorsque le même Tsipras est venu en France en mai 2012, les socialistes français n’avaient pas voulu le recevoir. De même, François Hollande, sitôt élu président de la République, n’a jamais répondu à la lettre que lui avait adressée le nouveau premier ministre grec. Encore quelques semaines avant l’élection en Grèce, le socialiste Pierre Moscovici, actuel commissaire européen aux Affaires économiques, soutenait clairement l’équipe sortante du conservateur Antonis Samaras, en saluant le « travail fait par les autorités grecques, (de) tant d’efforts, tant de choses accomplies que ce serait dommage de ne pas continuer ».
Tordre la réalité

Face à la victoire de Syriza, le PS n’a pas hésité à tordre la réalité. « Syriza est plus proche idéologiquement de François Hollande que de Jean-Luc Mélenchon », a martelé sans relâche le secrétaire d’État Jean-Marie Le Guen, proche du premier ministre Manuel Valls. Ce qui est là encore aller un peu vite en besogne, quand on sait que Synapismos, le parti à l’origine de Syriza, a été présidé par le même Alexis Tsipras, qui, comme le souligne Pierre Laurent dans une interview accordée à Marianne, « était au côté de Die Linke en Allemagne, de Izquierda Unida en Espagne ou du Parti communiste français » pour former le Parti de la gauche européenne (PGE) en 2004. Présidé par Pierre Laurent, le PGE a présenté Alexis Tsipras à la présidence de la Commission en juin dernier, quand le PS soutenait le social-démocrate allemand Martin Schulz. Quant à l’alliance de circonstance de Syriza avec le parti des Grecs indépendants (formation souverainiste), elle ne masque pas de réelles divergences mais affirme aussi un refus partagé de l’austérité. On est loin d’une époque où le Pasok (socialiste), aujourd’hui défait, n’avait pas hésité à gouverner en compagnie de membres du Laos, une formation qui a ses amitiés du côté du FN français. Tant et si bien que lorsque Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, assure aujourd’hui que « le programme de Syriza est plus proche de celui du Pasok que du Front de gauche », il est le seul à s’en convaincre…
http://www.humanite.fr/

Les socialistes sont de faux amis de Syriza !
Tag(s) : #Politique