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Ne pas faire comme si cela n’avait pas existé !

Posté le 20 janvier 2015

La force de la fraternité républicaine portée par des marées humaines dans les rues, prolongée jusqu’aux places de nos villages contre les odieuses exécutions de journalistes, de policiers et de citoyens de confession juive doit pouvoir se prolonger et trouver des débouchés positifs.

Evidemment celles et ceux qui se mobilisent sont mus par différentes motivations mais beaucoup de choses les rassemblent : l’émotion et le rejet de cette barbarie, mais aussi la défense de la liberté d’expression et d’un vivre ensemble, le respect de chacune et de chacun dans la laïcité et l’égalité, le désir d’être protégé tout en défendant les libertés. Que le peuple devienne l’acteur principal et le reste est la meilleure chose qui puisse se produire. Toutes les forces politiques doivent le respecter. Ce serait la garantie pour l’avenir. C’est les solutions aux difficultés et aux problèmes posés avec la montée de ce fondamentalisme fascisant contre lequel il est indispensable de dresser ce solide barrage. Ceci doit être fait avec le souci du respect de chacune et chacun par delà ses croyances et religions, dans l’unité de toutes et tous pour une société commune, débarrassée des injustices, des discriminations et des intolérances. C’est bien la force de notre laïcité républicaine.

Y parvenir nécessitera des dialogues, des débats, de l’écoute des uns et des autres, dans le respect le plus grand en ne laissant aucune place, ni aux racismes, ni à l’antisémitisme, ni à l’islamophobie.

Il ne faut surtout pas faire comme si cette barbarie ne naissait de rien. Un état de nos sociétés et du monde avec ses fractures et ses inégalités doit être fait. Des conclusions doivent en être tirées.

Certes les processus qui conduisent quelques individus, qui ont perdu tout repère humaniste, à cet état de sauvagerie sont complexes et ne peuvent se résumer à quelques formules. Il n’en est pas moins vrai que l’exclusion, l’extrême marginalisation, l’absence de toute perspective positive d’avenir ne peuvent que produire les terreaux sur lesquels vient fleurir le pire. C’est vrai pour notre société française où le chômage, la précarité, l’échec scolaire ne cessent d’approfondir les fractures sociales. Et lorsque nous regardons le monde où les foyers de développement du terrorisme deviennent de plus en plus nombreux, comment ne pas faire le lien avec le fait que des régions entières de la planète sont à la dérive, livrées à la sauvage loi du plus fort.

La sécurité et la protection doivent être assurées, mais des moyens nouveaux doivent être déployés pour l’école, la formation et tous les services publics dans les quartiers et les villages. Les puissants vont-ils enfin l’entendre ? On en doute quant au moment même où ces drames réclament une autre manière de penser et d’agir, une délégation de la commission de Bruxelles, au mépris de notre souveraineté, se déplaçait pour enquêter sur le budget de notre pays pour réclamer à nouveau le respect des imbéciles règles budgétaires sur la dette et les déficits. C’est exactement ne rien vouloir comprendre au fait qu’on n’asséchera pas le terreau d’où sortent des montres avec des critères uniquement comptables, mais en trouvant la voie du progrès partagé sur les plans politique, culturel, social, écologique.

Un autre exemple est celui de la poursuite des négociations d’un traité transatlantique qui a vocation, aux yeux de ses promoteurs, à faire sauter ce qui reste de barrières douanières, sociales et environnementales entre l’Europe et les Etats-Unis, assorties de tribunaux arbitraux privés protégeant les sociétés multinationales.

Face à nos pressions sur ce sujet, la commission avait été contrainte d’organiser une consultation publique. Elle avait pour objet de connaitre l’opinion des européens au sujet du recours à ces juridictions privées pour arbitrer les litiges entre les sociétés multinationales et les Etats. Sur les 145 000 réponses qu’a reçu la commission européenne -ce qui est très important pour ce genre de consultation publique-, la très grande majorité a dit : « non ». L’essentiel des personnes consultées a considéré que les Etats ne pouvaient pas se dessaisir d’une prérogative essentielle : rendre la justice et qu’il n’est pas question de mettre en place des juridictions qui, par définition, feraient la part belle aux sociétés multinationales.

Certes l’affaire n’est pas finie et les défenseurs de ce projet ultralibéral fourbissent de nouvelles armes. Le coup n’en est pas moins sévère pour la Commission européenne et pour les tenants du libéralisme-capitaliste. Notre vigilance doit rester intacte comme notre volonté de mettre en échec ce projet de traité qui ne peut qu’être dévastateur.

Cet échec de la commission est également instructif quant à l’opinion des européens. Les peuples ne veulent plus être dessaisis de leurs droits au profit des forces de l’argent.

Ainsi des événements successifs nous montrent des opinions qui ne sont pas résignées et des peuples qui veulent agir sur l’évolution du monde. Un encouragement pour tous ceux qui pensent que de nouveaux lendemains sont à construire, ici et maintenant. Ce sont les peuples souverains et unis qui peuvent ouvrir de nouvelles voies écartant les intégrismes fascisants, comme l’intégrisme de la toute puissance de l’argent roi.

http://patrick-le-hyaric.fr/ne-pas-faire-comme-si-cela-navait-pas-existe/

Charlie : Ne pas faire comme si cela n’avait pas existé !
Tag(s) : #Politique