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Israel-Palestine : les Etats-Unis bloquent l'espoir de paix à L'ONU


Eugénie Barbezat avec AFP
Mercredi, 31 Décembre, 2014
L'Humanité.fr
Le projet de résolution palestinien demandant la conclusion de négociations de paix dans un délai d'un an et un retrait israélien des territoires occupés avant la fin de 2017 a été rejeté mardi par le Conseil de sécurité des Nations unies.
L'ambassadeur palestinien à l'ONU, Riyad Mansour, au Conseil de sécurité de l'ONU, mardi 30 décembre.
AP/FRANK FRANKLIN
Huit pays seulement, dont la France, se sont prononcés en faveur du texte tandis que les Etats-Unis et l'Australie l’ont rejeté. Même s'il avait recueilli les neuf voix nécessaires à son adoption, le vote américain aurait bloqué la procédure en raison du droit de veto dont bénéficie Washington au Conseil de sécurité. Les cinq autres membres du Conseil de sécurité, dont la Grande-Bretagne, se sont abstenus.
Le projet de résolution, soutenu par la totalité des délégations arabes aux Nations unies, réclamait la conclusion d'un accord de paix avec Israël d'ici un an et un retrait des territoires occupés d'ici fin 2017 sur les lignes d'avant la Guerre des Six-Jours, en 1967.
Les amendements prévoyaient Jérusalem-Est, occupée et annexée, comme capitale d'un Etat palestinien, le règlement de la question des prisonniers palestiniens, l'arrêt de la colonisation israélienne et rappelaient le caractère illégal du mur de séparation.
Plus de vingt ans après les accords d'Oslo, l'impasse du processus de paix israélo-palestinien a conduit logiquement la direction palestinienne à interpeler la communauté internationale en adhérant à l'Onu et à d'autres organisations internationales.
Réactions
L'ambassadrice des Etats-Unis à l'Onu, Samantha Power, a tenté de justifier son rejet en expliquant que le vote américain n'équivalait pas à un vote contre la paix entre Israéliens et Palestiniens. "Les Etats-Unis recherchent quotidiennement de nouvelles voies pour prendre des mesures constructives de soutien aux parties afin qu'elles progressent vers un accord négocié", a-t-elle affirmé. "La résolution du Conseil de sécurité qui nous a été soumise aujourd'hui n'est pas une mesure constructive", a-t-elle poursuivi. "Elle est profondément déséquilibrée et contient de nombreux éléments qui n'incitent pas à des négociations entre les parties, notamment la présence de dates-butoirs qui ne prennent pas en compte les inquiétudes légitimes d'Israël en matière de sécurité."
Dans une très brève déclaration, le délégué israélien Israël Nitzan a disqualifié pour sa part une "proposition unilatérale grotesque"
Pour Riyad Mansour, qui représente l'Autorité palestinienne à l'Onu "Le résultat du vote d'aujourd'hui montre que le Conseil de sécurité dans son ensemble n'est clairement pas prêt ni disposé à assumer ses responsabilités d'une manière qui nous permettrait d'ouvrir la porte à la paix», «il est donc déplorable que le Conseil de sécurité reste paralysé", a-t-il poursuivi, ajoutant que la direction palestinienne devait "désormais envisager les prochaines étapes". Les Palestiniens avaient prévenu qu'en cas de rejet de leur résolution ils chercheraient notamment à rejoindre la Cour pénale internationale.Une adhésion au Statut de Rome, qui régit la CPI, permettrait aux Palestiniens de poursuivre des responsables israéliens pour les "crimes de guerre" dont ils les accusent, notamment à Gaza, ravagée par trois guerres en six ans. M. Abbas signera mercredi le Statut de Rome ainsi que 15 autres conventions internationales, ont dit les responsables, quelques heures avant le début d'une réunion de la direction palestinienne à 18H30 locales à Ramallah, où siège l'Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée.
L'ambassadrice de Jordanie, Dina Kawar, seule représentante d'un pays arabe au Conseil de sécurité, a regretté pour sa part l'échec du vote. "Nous espérions que le Conseil de sécurité adopterait aujourd'hui ce projet arabe de résolution parce qu'il a la responsabilité juridique comme morale de régler le conflit israélo-palestinien", a-t-elle dit.
La France, qui a voté pour, a estimé que le texte n'était pas idéal : "Nous aurions préféré et nous continuons de souhaiter une démarche consensuelle pour rassembler tous les membres du Conseil", a expliqué le représentant permanent de la France auprès de l'Onu, François Delattre. "La France regrette qu'il ne soit pas possible aujourd'hui d'aboutir à un consensus sur ces points qui devraient réunir la communauté internationale", a poursuivi le diplomate, soulignant que la France continuerait ses efforts. Il semble toutefois que les efforts de la France se concentre en la matière sur les moyens de ménager la chèvre et choux et de ne pas froisser son « ami » Netanyahu.
Pour rappel (actualité du conflit) :
L'armée israélienne a mené un raid contre le sud de la bande de Gaza mercredi 24 décembre, tuant Tayseer Al-Ismary, âgé de 33 ans, commandant de la branche militaire du mouvement Hamas, les brigades Ezzedine Al-Qassam, responsable de la zone située à l'est de Khan Younès.après des tirs palestiniens contre une de ses patrouilles. L'armée israélienne a confirmé avoir mené ce raid aérien et tiré plusieurs obus depuis un char, en direction de la zone située à l'est de Khan Younès, présentant cela comme une "riposte" suite à des tirs de snipers contre des soldats israéliens, qui patrouillaient du côté israélien de la frontière.
Le Hamas a accusé Israël d'avoir débuté les hostilités en tentant de pénétrer dans la bande de Gaza. "L'occupation israélienne est responsable de la tension à l'est de Khan Younès. Ils ont tenté de franchir la barrière, provoquant une réplique du Hamas", a déclaré le porte-parole du mouvement. Il s'agit des premiers raids depuis la guerre de juillet-août
Pour Rappel : la longue liste des 33 résolutions de l'ONU non respectée par l'Etat d'Israel depuis 1947 :
Résolutions prises en assemblée générale
(ayant alors fonction d’organe décisionnaire)
Résolution 181 (29 novembre 1947). Adoption du plan de partage : la Palestine est divisée en deux Etats indépendants, l’un arabe, l’autre juif, et Jérusalem est placée sous administration des Nations unies.
Résolution 194 (11 décembre 1948). Les réfugiés qui le souhaitent doivent pouvoir « rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et vivre en paix avec leurs voisins » ; les autres doivent être indemnisés de leurs biens « à titre de compensation ». Création de la commission de conciliation des Nations unies pour la Palestine.
Résolution 302 (8 décembre 1949). Création de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).
Résolutions prises par le conseil de sécurité de l'ONU
Résolution 236 (11 juin 1967). Au lendemain de la guerre de juin 1967, le Conseil de sécurité exige un cessez-le-feu et un arrêt immédiat de toutes les activités militaires dans le conflit opposant l’Egypte, la Jordanie et la Syrie à Israël.
Résolution 237 (14 juin 1967). Le Conseil de sécurité demande à Israël d’assurer « la sûreté, le bien-être et la sécurité des habitants des zones où des opérations militaires ont eu lieu » et de faciliter le retour des réfugiés.
Résolution 242 (22 novembre 1967). Le Conseil de sécurité condamne l’« acquisition de territoire par la guerre » et demande le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés ». Il affirme « l’inviolabilité territoriale et l’indépendance politique » de chaque Etat de la région.
Résolution 250 (27 avril 1968). Israël est invité à ne pas organiser le défilé militaire prévu à Jérusalem le 2 mai 1968 considérant que cela aggraverait les « tensions dans la région ».
Résolution 251 (2 mai 1968). Le Conseil de sécurité déplore la tenue du défilé militaire de Jérusalem « au mépris » de la résolution 250.
Résolution 252 (21 mai 1968). Le Conseil de sécurité déclare « non valides » les mesures prises par Israël, y compris l’« expropriation de terres et de biens immobiliers », qui visent à « modifier le statut de Jérusalem », et demande à celui-ci de s’abstenir de prendre de telles mesures.
Résolution 267 (3 juillet 1969). Le Conseil de sécurité censure « toutes les mesures prises [par Israël] pour modifier le statut de Jérusalem ».
Résolution 340 (25 octobre 1973). A la suite de la guerre de Ramadan ou de Kippour, création de la deuxième Force d’urgence des Nations unies (FUNU-II) qui vise à « superviser le cessez-le-feu entre les forces égyptiennes et israéliennes » et à assurer le « redéploiement » de ces mêmes forces.
Résolution 446 (22 mars 1979). Le Conseil de sécurité exige l’arrêt des « pratiques israéliennes visant à établir des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés depuis 1967 », déclare que ces pratiques « n’ont aucune validité en droit » et demande à Israël de respecter la convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre.
Résolution 468 (8 mai 1980). Le Conseil de sécurité déclare « illégales » les expulsions à l’étranger de notables palestiniens de Hébron et de Halhoul par les autorités militaires israéliennes et demande à Israël de les annuler.
Résolution 592 (8 décembre 1986). Le Conseil de sécurité rappelle que la convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre « est applicable aux territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés par Israël depuis 1967 ». Il condamne « l’armée israélienne qui, ayant ouvert le feu, a tué ou blessé des étudiants » de l’université Bir Zeit.
Résolution 605 (22 décembre 1987). Après le déclenchement de la première Intifada, le Conseil de sécurité condamne les pratiques d’Israël « qui violent les droits de l’homme du peuple palestinien dans les territoires occupés, en particulier le fait que l’armée israélienne a ouvert le feu, tuant ou blessant des civils palestiniens ».
Résolution 607 (5 janvier 1988). Israël doit « s’abstenir d’expulser des civils palestiniens des territoires occupés » et respecter les obligations que lui impose la convention de Genève.
Résolution 608 (14 janvier 1988). Le Conseil de sécurité demande à Israël « d’annuler l’ordre d’expulsion des civils palestiniens et d’assurer le retour immédiat et en toute sécurité » de tous ceux déjà expulsés.
Résolution 636 (6 juillet 1989). Le Conseil de sécurité demande à Israël, en conformité avec ses précédentes résolutions et avec la convention de Genève, de « cesser immédiatement d’expulser d’autres civils palestiniens » et d’assurer le retour en toute sécurité de ceux déjà expulsés.
Résolution 641 (30 août 1989). Le Conseil de sécurité « déplore qu’Israël, puissance occupante, continue d’expulser des civils palestiniens » et lui demande d’assurer le retour de tous les expulsés.
Résolution 672 (12 octobre 1990). Après les violences de l’esplanade des Mosquées - le mont du Temple, le Conseil de sécurité condamne « les actes de violence commis par les forces de sécurité israéliennes » à Al-Haram Al-Charif et dans d’autres lieux saints de Jérusalem et demande à Israël de « s’acquitter scrupuleusement des obligations juridiques et des responsabilités qui lui incombent » vis-à-vis des civils des territoires occupés.
Résolution 673 (24 octobre 1990). Le Conseil de sécurité condamne le refus d’Israël d’appliquer la résolution 672.
Résolution 681 (20 décembre 1990). Israël est sommé d’appliquer la convention de Genève.
Résolution 694 (24 mai 1991). Le Conseil de sécurité déclare que l’expulsion de quatre nouveaux civils palestiniens en mai 1991 par les forces israéliennes constitue une violation de la convention de Genève.
Résolution 799 (18 décembre 1992). Le Conseil de sécurité condamne les quatre cents expulsions de décembre 1992, soulignant qu’elle est contraire aux obligations internationales imposées à Israël par la convention de Genève. Le Conseil réaffirme l’indépendance et l’intégrité territoriale du Liban.
Résolution 904 (18 mars 1994). A la suite du massacre de la mosquée de Hébron, le Conseil de sécurité demande à Israël de prendre les mesures nécessaires « afin de prévenir des actes de violence illégaux de la part des colons israéliens » envers les civils palestiniens.
Résolution 1322 (7 octobre 2000). A la suite du début de la seconde Intifada, le Conseil de sécurité déplore les violences et condamne le « recours à la force excessif contre les Palestiniens ». Il demande à Israël de respecter ses obligations relatives à la convention de Genève.
Résolution 1397 (12 mars 2002). Le Conseil de sécurité demande la « cessation immédiate de tous les actes de violence, y compris tous les actes de terreur et toutes provocations, incitations et destructions », et réclame la coopération des Israéliens et des Palestiniens visant à la reprise des négociations.
Résolution 1402 (30 mars 2002). Après la réoccupation totale de la Cisjordanie, le Conseil de sécurité demande un cessez-le-feu immédiat et le « retrait des troupes israéliennes des villes palestiniennes ».
Résolution 1405 (19 avril 2002). Le Conseil de sécurité déclare qu’« il est urgent que les organismes médicaux et humanitaires aient accès à la population civile palestinienne ».
Résolution 1435 (24 septembre 2002). Le Conseil de sécurité exige « le retrait rapide des forces d’occupation israéliennes des villes palestiniennes ». Il demande à l’Autorité palestinienne de « faire traduire en justice les auteurs d’actes terroristes ».
Résolution 1515 (19 novembre 2003). Le Conseil de sécurité se déclare « attaché à la vision d’une région dans laquelle deux Etats, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, à l’intérieur de frontières sûres et reconnues », et demande en conséquence aux parties en conflit de s’acquitter des obligations relatives à la « feuille de route » du Quartet.
Résolution 1544 (19 mai 2004). Le Conseil de sécurité demande qu’Israël respecte « les obligations que lui impose le droit humanitaire international » et « l’obligation qui lui est faite de ne pas se livrer aux destructions d’habitations ».
Résolution 1850 (16 décembre 2008). Le Conseil de sécurité soutient le processus d’Annapolis, et demande aux parties de « s’abstenir de toute mesure suceptible d’entamer la confiance » et de ne pas « remettre en cause l’issue des négociations ».
Résolution 1860 (8 janvier 2009). Après l’incursion de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, le Conseil de sécurité exige « l’instauration immédiate d’un cessez-le-feu durable et pleinement respecté menant au retrait total des forces israéliennes de la bande de Gaza ». Il demande de ne pas entraver l’entrée des organisations médicales dans Gaza et d’empêcher le trafic illégal d’armes.
Eugénie Barbezat avec AFP
Mercredi, 31 Décembre, 2014
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Israel-Palestine : les Etats-Unis bloquent l'espoir de paix à L'ONU
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