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Tunisie: un vote historique sur fond de crise sociale

Les Tunisiens votent ce dimanche pour élire, pour la première fois depuis la révolution, leur président. Sur fond de désillusion, de risque d’abstention et de crise sociale, cette élection n’en reste pas moins historique.

Les bureaux de vote ont ouvert ce dimanche matin en Tunisie pour le premier tour de l'élection présidentielle. Plus de 20 candidats sont en lice. Deux sont donnés favoris par les médias et les précédents sondages, mais une surprise n’est clairement pas à écarter. Moncef Marzouki tout d’abord, actuel président de transition à la suite d'un accord de coalition avec les islamistes d'Ennahda, voit sa fin de campagne patiner sérieusement. Son dernier meeting n’a pas fait le plein, et selon l’envoyé spécial de l’Humanité sur place, ses paroles sonnaient parfois plus comme un adieu que comme un discours de campagne. Son bilan souffre également de la situation économique et sociale désastreuse du pays. Avec plus de 17 % (chiffre officiel) de chômage et l’activité touristique en berne, la misère gagne et frappe tout particulièrement les jeunes (voir encadré). Le nombre de grèves a augmenté de 16% en 2014 par rapport à 2013. Les prix ont flambé. Les salariés ont de plus en plus de mal à boucler leurs fins de mois. Et de ce fait, l’épargne des ménages a reculé.
Du fait du bilan plombé de Marzouki, le candidat donné favori est Béji Caïd Essebsi, 87 ans et chef du parti anti-islamiste Nidaa Tounès vainqueur des législatives du 26 octobre dernier, devant les islamiste d'Ennahda qui avaient remporté celles de 2011. Son programme apparaît bien vide, il fait surtout campagne sur la nécessité de renforcer l'Etat et son prestige. C’est un pilier de la politique tunisienne, ancien ministre sous Bourguiba et présidant du Parlement de Ben Ali au début des années 1990.
La gauche en embus
cade

La surprise pourrait venir de la gauche. Hamma Hammami, le candidat du Front populaire (FP), a rassemblé ces derniers jours des milliers de Tunisiens dans ses meetings. Beaucoup de jeunes notamment. Cet instituteur, issu d’un milieu populaire use d’un parler que les gens comprennent. Sa sincérité touche. Et sa popularité est une réalité. Lire : Hammami, espoir de la gauche

Et la participation des jeunes est un enjeu central de cette élection. Près de 5,3 millions d'électeurs sont appelés aux urnes, mais seuls 40% s’étaient déplacés pour les législatives. Le grand engouement démocratique de 2011 s’est quelque peu dissout dans la crise. Un deuxième tour sera donc certainement nécessaire et devrait avoir lieu fin décembre. L'instance électorale (ISIE) doit annoncer au plus tard le 26 novembre les résultats de ce premier tour. Le vainqueur sera appelé à présider la Tunisie pendant cinq ans, un mandat renouvelable une seule fois.

Jeune, chômeur et diplômé du supérieur. Chaque année, près de 60000 jeunes Tunisiens sortent des universités. Ils sont titulaires de diplômes en sciences humaines ou en langue arabe, mais ne trouvent pas de travail. Près de la moitié des 600 000 chômeurs du pays sont titulaires d’un diplôme du supérieur. A part le Front populaire, quasiment aucun candidat n’avance de programme économique concret. La mobilisation électorale de cette jeunesse suffirait à faire basculer le scrutin du jour.
L'Humanité.fr avec Hassane Zerrouky
Dimanche, 23 Novembre, 2014
http://www.humanit
e.fr/f

Tunisie : un vote historique sur fond de crise sociale
Tag(s) : #Monde