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L'éditorial de Patrick Apel Muller : " La maison brûle ", semblent répéter nos gouvernants après Jacques Chirac, mais ils apportent consciencieusement du combustible au brasier. L'intérêt collectif, décidément, ne sera garanti que par l'action collective.

Le cinquième rapport du Giec sur l'évolution du climat, publié dimanche à Copenhague, est si alarmant que Ségolène Royal et Laurent Fabius ont appelé à une mobilisation " universelle et immédiate ". L'un et l'autre ont été précédés par les salariés de la SNCF et de la RATP qui ont invité à l'action aujourd'hui, avec le soutien des syndicalistes CGT de l'énergie… contre une politique gouvernementale qui va aggraver l'effet de serre et le dérèglement climatique en favorisant le déferlement d'autocars sur nos routes au détriment du rail, en continuant à privilégier le transport aérien low-cost plutôt que des moyens de transport plus économes en énergie, plus propres et, au bout du compte, moins coûteux pour l'avenir de l'humanité.

" La maison brûle ", semblent répéter nos gouvernants après Jacques Chirac, mais ils apportent consciencieusement du combustible au brasier. La loi bien timorée sur la transition énergétique a oublié les modes de mobilité. Et ce sont les salariés de ce secteur qui le rappellent, depuis la réforme ferroviaire qu'ils ont critiquée avec sévérité. Mais, confirmant une surdité systématique à l'égard des ouvriers, des employés et des cadres, Manuel Valls avait prétendu qu'il ne comprenait pas ce mouvement, et son ministre de l'Économie, le très libéral Emmanuel Macron, a proposé dans la foulée d'offrir aux géants du transport routier la perspective de profits généreux en étouffant le trafic ferroviaire sous des caravanes de cars.

Pourtant, en défendant le service public et sa capacité de répondre aux besoins futurs des usagers, les syndicalistes allaient au-delà des revendications légitimes d'une corporation pour embrasser un enjeu de civilisation en privilégiant une " économie bas carbone ". Cette dernière préoccupation n'a, en revanche, pas ébranlé François Hollande, qui est en visite au Canada pour célébrer un modèle économique fondé sur l'exploitation forcenée des sables bitumineux, la déforestation industrielle et une grande tolérance en matière de pollution. L'intérêt collectif, décidément, ne sera garanti que par l'action collective.
patrick apel muller
Lundi, 3 Novembre, 2014
http://www.humanite.fr/

Rapport du Giec sur l'évolution du climat est alarmant
Tag(s) : #Environnement