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Au moins cent mille personnes manifestaient jeudi à Bruxelles contre les mesures d'austérité du nouveau gouvernement de droite.
Les annonces sur les retraites et la stagnation des salariés du nouvel exécutif de droite entraînent une mobilisation syndicale : manifestation aujourd’hui et grève générale le 15 décembre.

Bruxelles (Belgique), correspondance. L’ensemble des syndicats de Belgique ont appelé à la manifestation qui se déroulera aujourd’hui à Bruxelles. La mobilisation est forte et les prévisions de participation – on parle désormais de 100 000 participants – enflent à mesure des annonces assénées par le gouvernement. Il est dirigé par un libéral francophone, Charles Michel, mais on sait que le vrai patron en est Bart De Wever, chef du parti nationaliste flamand NVA, qui occupe tous les postes clés dont celui des Finances (1).

Dès sa formation, son programme a fait monter les syndicats au créneau contre deux mesures assassines : la réforme pensions dont l’âge légal serait porté à 67 ans d’ici à 2020 et le « saut d’index », car en Belgique il existe toujours une indexation automatique des salaires sur le coût de la vie. Selon les calculs du PS, cette mesure fera perdre 336 euros par an à un salarié moyen touchant 1 900 euros mensuels. Le PS, désormais dans l’opposition, parle de « régression sociale généralisée ». Plusieurs de ses dirigeants, dont l’ancien premier ministre Elio Di Rupo, seront en tête de la manif. Le PTB (Parti du travail de Belgique) « soutient l’appel à la résistance des syndicats », et de nombreux mouvement et associations se joindront au cortège.

Les mauvaises nouvelles se succèdent depuis un mois : coupes dans le budget d’institutions culturelles emblématiques telles que la Monnaie de Bruxelles, Bozar, l’Opéra ; coupe dans les soins de santé avec un plan de regroupement des hôpitaux et mise sous tutelle financière des mutuelles ; restructuration de la SNCB, qui pourrait perdre jusqu’à 5 000 emplois. Cette dernière annonce passe si mal qu’elle a déjà provoqué une série de grèves spontanées, des cheminots furieux allant jusqu’à arrêter le train de la ministre des Transports avec des fumigènes. Mais, jeudi, les trains rouleront pour amener le plus possible de manifestants à Bruxelles, où, en revanche, il n’y aura ni bus ni métro. Ce n’est qu’un début puisque va suivre une série de grèves tournantes déclenchées chaque lundi dans les diverses régions du pays jusqu’à la grande grève générale du 15 décembre.

(1) Johan Van Overtveldt, NVA, est passé par la banque Lamberts avant de diriger le journal Trends, voix du patronat belge.
Françoise Germain-Robin
Jeudi, 6 Novembre, 2014
http://www.humanite.fr/