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À quand la fin des privilèges ?

L'éditorial de Maud Vergnol dans l'Humanité mercredi 19 novembre. Le « portrait social » de la France, brossé par l'Insee, devrait faire l’effet d’un électrochoc pour tous ceux qui continuent à se bander les yeux face à l’échec cuisant des politiques d’austérité et minimisent la souffrance sociale.

Plus possible pour le gouvernement de détourner le regard. Les chiffres sont là, dans le rapport annuel de l’Insee publié aujourd’hui. Et ils sont coriaces. Entre 2008 et 2013, le nombre de chômeurs de longue durée a progressé de 56 % et les inégalités entre les salariés s’aggravent. Ce « portrait social » de la France devrait faire l’effet d’un électrochoc pour tous ceux qui continuent à se bander les yeux face à l’échec cuisant des politiques d’austérité et minimisent la souffrance sociale. Qu’ils jettent un œil à ce rapport et par la même occasion à la vie quotidienne des chômeurs, des allocataires du RSA, qui affirment ici devoir se priver d’alimentation et de soins médicaux pour boucler les fi ns de mois… Voilà le résultat des potions libérales, pimentées par l’austérité, aussi inefficaces contre le chômage que favorables aux profits du capital. À ce titre, le choc de l’actualité frise l’indécence. Alors que le gouvernement enfonce intentionnellement une grande majorité des Français dans la précarité, Monsieur Gattaz remet sur la table la vieille rengaine patronale sur la suppression de l’impôt sur la fortune. « L’ISF, ça détruit l’emploi, ça détruit la croissance ! » assène le patron des patrons, entre autres inepties. Pierre Gattaz devrait pourtant faire profil bas, lui qui doit sa nomination à la tête du Medef à son gourou, Serge Dassault. Car les nouvelles révélations de nos confrères de Libération sont accablantes pour celui qui incarne le capitalisme français, avec une fortune privée bâtie sur un concubinage notoire avec l’État. Ainsi, c’est 53 millions d’euros qui auraient été remis en liquide pour ses basses tâches à l’avionneur, sénateur-maire UMP de l’Essonne, qui n’a jamais ménagé sa peine pour stigmatiser les chômeurs, fustiger les fonctionnaires et donner des leçons de vertu. L’indulgence qui entoure ces délinquants en col blanc en dit long sur les liens incestueux entre les milieux d’affaires et les dirigeants politiques libéraux. L’impunité demeure l’un des privilèges des puissants. Il est grand temps de les abolir.
Par Maud Vergnol
Mardi, 18 Novembre, 2014
http://www.humanite.fr/

À quand la fin des privilèges en France ?
Tag(s) : #Politique