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Le réalisateur d'"Hiroshima, mon amour", Alain Resnais est décédé

Rédaction Web
2 Mars, 2014

Auteur de Nuit et brouillard ou encore de On connaît la chanson, le cinéaste Alain Resnais est mort samedi soir à Paris à l'âge de 91 ans, a annoncé son producteur, Jean-Louis Livi. Le réalisateur avait dernièrement été mis à l'honneur lors de la 64e édition du Festival du film de Berlin pour son dernier long métrage, Aimer, boire et chanter qui sortira en salle le 26 mars prochain, "un film exceptionnel qui a marqué la compétition", pour notre spécialiste du cinéma à L'humanité, Jean Roy.

Aimer, boire et chanter d'Alain Resnais. Six comédiens à la joie de leur texte

Le texte de plaisir et le texte de jouissance réunissent la culture bourgeoise et sa destruction.

Comme à l’accoutumée, le Festival de Berlin marque le coup d’envoi de l’immuable rentrée cinématographique. Il y en aura d’autres on l’espère, mais déjà un film exceptionnel a marqué la compétition, celui qu’à quatre-vingt-dix printemps vient de réaliser Alain Resnais, Aimer, boire et chanter. Sous ce titre programmatique se cache une nouvelle rencontre, la troisième, avec le dramaturge britannique le plus joué au monde depuis Shakespeare, Alan Ayckbourn, né en 1939, à qui l’on doit Smoking/No Smoking et Cœurs, pour s’en tenir à Resnais. Une nouvelle fois, le thème du couple et de la séparation est au centre de cette intrigue sise au cœur de la campagne profonde anglaise dans des chemins tortueux qui fleurent bon la conduite à gauche, même si l’action se déroule en français.

Faire sentir l’artificiel dans le naturel

Trois couples composent le jeu de cartes, qui vivent dans des maisons distinctes que le décorateur traite par des moyens graphiques propres à son art dans le souci de bien faire sentir l’artificiel dans le naturel et réciproquement. D’un côté nous avons Kathryn, plus portée sur la bouteille que sur l’introspection psychologique, rôle tenu par Sabine Azéma, qui est mariée au docteur Colin (Hippolyte Girardot), dont les gaffes lui font à son insu enfreindre le secret médical au profit de sa pipelette de conjointe. Les échanges entre les deux semblent relever de la conversation mais s’avèrent vite appartenir à une pièce de théâtre qu’ils sont en train de mémoriser. Par ailleurs, une des gaffes dont Colin est familier nous permet d’apprendre que son vieux pote de toujours, George Riley, est frappé d’un cancer terminal, nouvelle que Sabine s’empresse de propager à Jack (Michel Vuillermoz, sans doute le plus jubilatoire du sextuor), qui, lui, vit avec Tamara (Caroline Silhol), tandis que la dernière paire est composée de Sandrine Kiberlain (Monica)et de son nouveau compagnon, le fruste campagnard retraité André Dussollier (Georges).

Jean Roy

Lire aussi :

Les critiques de : [1]

  • À voir : un extrait de Nuit et Brouillard, évocation des camps de la mort nazis, réalisé en 1956 :

Filmographie :

1956 : Nuit et Brouillard
1959 : Hiroshima mon amour
1961 : L'Année dernière à Marienbad
1963 : Muriel, ou le Temps d'un retour
1966 : La guerre est finie
1968 : Je t'aime, je t'aime
1973 : L'An 01, de Jacques Doillon (tournage de la séquence américaine)
1974 : Stavisky
1977 : Providence
1980 : Mon oncle d'Amérique
1983 : La vie est un roman
1984 : L'Amour à mort
1986 : Mélo
1989 : I Want to Go Home (Je veux rentrer à la maison)
1993 : Smoking / No Smoking
1997 : On connaît la chanson
2003 : Pas sur la bouche
2006 : Cœurs
2009 : Les Herbes folles
2012 : Vous n'avez encore rien vu
2014 : Aimer, boire et chanter

URL source: http://www.humanite.fr/cinema/le-realisateur-dhiroshima-mon-amour-alain-resnais-560204

Le réalisateur d'"Hiroshima, mon amour", Alain Resnais est décédé
Tag(s) : #CULTURE